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Comment intégrer les normes environnementales (RE2020, labels HQE, BREEAM) dans une expertise immobilière ?

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    sylvain_Clerc_Expert
  • il y a 6 jours
  • 6 min de lecture

La transition énergétique bouleverse profondément le marché de l'immobilier d'entreprise. Les normes comme la RE2020, les labels HQE (Haute Qualité Environnementale) et BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) sont devenus des critères déterminants dans l'évaluation des locaux professionnels. Pour les propriétaires et investisseurs détenant des bureaux, locaux d'activités ou locaux commerciaux sur l'arc alpin, comprendre comment ces normes environnementales impactent l'expertise immobilière est devenu essentiel. 


Le contexte réglementaire et normatif 

La Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) 

Entrée en vigueur en janvier 2022, la RE2020 remplace la RT2012 et impose des exigences renforcées pour les constructions neuves. Elle vise trois objectifs majeurs : améliorer la performance énergétique, réduire l'empreinte carbone sur l'ensemble du cycle de vie, et garantir le confort d'été. Pour l'immobilier d'entreprise, elle s'applique progressivement avec des seuils qui se durcissent jusqu'en 2031. 


L'expert immobilier doit désormais intégrer ces exigences. Un bâtiment neuf conforme à la RE2020 présente une valeur supérieure à un bâtiment ancien énergivore, et cet écart s'accentuera au fil des années. 


Les labels environnementaux : HQE et BREEAM 

Au-delà des réglementations obligatoires, les labels volontaires constituent des marqueurs de qualité. Le label HQE évalue la qualité environnementale selon 14 cibles regroupées en quatre thématiques : éco-construction, éco-gestion, confort et santé. Le label BREEAM propose une certification en plusieurs niveaux (Pass, Good, Very Good, Excellent, Outstanding) basée sur une évaluation multicritères internationale. 


Ces labels apportent une valeur ajoutée significative : ils rassurent les locataires, facilitent la commercialisation et justifient des loyers ou prix supérieurs. Pour l'expert, ils constituent un élément objectif de valorisation. 


Le Décret Tertiaire et les obligations de rénovation 

Le Décret Tertiaire impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1000 m² une réduction progressive de leur consommation énergétique : -40% en 2030, -50% en 2040 et -60% en 2050. Cette obligation impacte directement la valeur des bureaux et locaux commerciaux existants. L'expert doit évaluer la trajectoire de mise en conformité et intégrer les investissements futurs nécessaires. 


L'impact des normes environnementales sur la valorisation 

La décote verte : quantifier l'obsolescence énergétique 

Les études démontrent une "décote verte" significative pour les bâtiments peu performants. Un local professionnel classé F ou G au DPE peut subir une décote de 10% à 30% par rapport à un bien équivalent performant. Cette décote reflète des coûts d'exploitation supérieurs, un risque réglementaire croissant et une difficulté de commercialisation. 


Sur l'arc alpin, où les coûts de chauffage sont élevés compte tenu du climat montagnard, cette décote s'avère encore plus marquée. L'expert doit systématiquement analyser la performance énergétique et quantifier son impact. 


La prime verte : valoriser la performance 

À l'inverse, les bâtiments performants bénéficient d'une "prime verte". Un bureau certifié HQE Excellent ou BREEAM Very Good peut afficher une valorisation supérieure de 5% à 15% par rapport à un bien standard. Cette prime s'explique par des charges réduites, une attractivité renforcée auprès des entreprises RSE, une facilité de financement et une pérennité de valeur. 


L'expert doit documenter précisément cette performance (certifications, consommations réelles, équipements) pour justifier la prime appliquée. Seules les performances mesurées et certifiées peuvent être valorisées. 


L'obsolescence accélérée des bâtiments anciens 

Les normes accélèrent l'obsolescence des bâtiments non rénovés. Un local d'activités des années 1980-1990 sans rénovation énergétique se retrouve rapidement inadapté. L'expert doit identifier ces situations et évaluer les investissements nécessaires pour ramener le bien à un niveau acceptable. 


La méthodologie d'intégration dans l'expertise 

L'analyse documentaire préalable 

L'expertise commence par la collecte exhaustive de documentation : DPE, certificats et labels environnementaux, audits énergétiques, factures de consommations réelles, documentation technique des équipements, et justificatifs de travaux récents. Cette phase permet d'établir un premier diagnostic et d'identifier les lacunes d'information. 


L'inspection technique approfondie 

La visite sur site prend une dimension nouvelle. L'expert analyse : l'isolation thermique (murs, toiture, planchers, menuiseries), les systèmes de chauffage et climatisation, la ventilation, l'éclairage naturel et artificiel, les installations d'énergies renouvelables, et la gestion de l'eau. 


Cette analyse technique nécessite une expertise spécialisée. Valeurs & Expertises, fort de son expérience en immobilier professionnel sur l'arc alpin, intègre systématiquement ces critères environnementaux dans ses missions d'expertise, garantissant ainsi une évaluation complète et conforme aux attentes du marché actuel. 


L'analyse comparative du marché 

L'expert doit disposer d'une base de données transactionnelles permettant de comparer le bien avec des biens similaires en termes de performance environnementale. Cette analyse est essentielle pour quantifier objectivement la prime ou décote applicable. Sur l'arc alpin, cette analyse doit intégrer des références locales pertinentes. 


L'évaluation des coûts de mise à niveau 

Pour les bâtiments non conformes aux standards actuels, l'expert doit évaluer les investissements nécessaires : travaux d'isolation, remplacement des systèmes de chauffage et climatisation, modernisation de la ventilation, installation d'énergies renouvelables. Cette évaluation chiffrée permet d'éclairer les décisions et de calculer la valeur nette après travaux. 


Les critères spécifiques par label 

La certification HQE : approche globale 

Le label HQE évalue 14 cibles en quatre familles. Pour l'immobilier d'entreprise, certaines cibles sont particulièrement valorisées : gestion de l'énergie, confort thermique, qualité de l'air intérieur et confort visuel. L'expert doit comprendre le niveau de performance atteint (base, performant, très performant) et son impact sur la valeur. 


Un bureau HQE Excellent justifie une prime significative, tandis qu'une certification de base n'apporte qu'une plus-value limitée. 


Le label BREEAM : reconnaissance internationale 

BREEAM évalue la performance selon plusieurs catégories : management, santé et bien-être, énergie, transport, eau, matériaux, déchets, écologie et pollution. Le score global détermine le niveau de certification. Pour des locaux professionnels destinés à des entreprises internationales ou groupes ESG, une certification BREEAM Very Good ou Excellent constitue un atout majeur. 


L'expert doit documenter le niveau de certification, sa date d'obtention et les éventuels plans de renouvellement. 


Les labels sectoriels 

Au-delà des labels généralistes, certains labels sectoriels valorisent des biens spécifiques. Le label BBCA (Bâtiment Bas Carbone) se concentre sur l'empreinte carbone. Le label E+C- anticipe les exigences RE2020. Sur l'arc alpin, des labels locaux valorisent des performances adaptées au contexte montagnard. 


Les enjeux spécifiques de l'arc alpin 

Les contraintes climatiques montagnardes 

L'arc alpin présente des spécificités climatiques qui amplifient les enjeux de performance énergétique. Les hivers rigoureux imposent des besoins de chauffage importants, tandis que l'ensoleillement offre un potentiel d'énergies renouvelables intéressant. L'expert doit intégrer ces spécificités et valoriser les solutions adaptées au contexte montagnard. 


Les matériaux et savoir-faire locaux 

L'arc alpin dispose d'une tradition de construction utilisant des matériaux locaux performants (bois, pierre) et de savoir-faire spécifiques. Les bâtiments valorisant ces matériaux peuvent bénéficier d'une reconnaissance particulière dans les labels environnementaux intégrant des critères d'économie circulaire. 


Les réglementations d'urbanisme spécifiques 

Les règlements en zone de montagne peuvent imposer des contraintes (loi Montagne, zones protégées) limitant les possibilités de rénovation. L'expert doit identifier ces contraintes et mesurer leur impact sur la capacité du bien à évoluer vers de meilleurs standards. 


L'expertise environnementale selon le type d'opération 

Acquisition et financement 

Dans le cadre d'une acquisition financée, l'expertise environnementale prend une importance croissante. Les banques intègrent désormais les risques climatiques dans leur analyse. Un bureau performant facilitera l'obtention du financement avec des conditions favorables (taux bonifiés, LTV optimisé) tandis qu'un bâtiment énergivore pourra voir son financement limité. 


Arbitrage et optimisation patrimoniale 

Pour un propriétaire détenant un patrimoine de locaux professionnels, l'expertise environnementale éclaire les décisions d'arbitrage. Faut-il conserver et rénover un bâtiment ancien, ou céder et réinvestir sur un actif performant ? L'analyse coût-bénéfice des travaux de rénovation permet de prendre des décisions rationnelles. 


Valorisation locative 

L'expertise environnementale influence directement la valorisation locative. Les entreprises locataires sont sensibles à la performance énergétique pour réduire leurs charges et respecter leurs engagements RSE. Un local d'activités certifié peut justifier un loyer supérieur de 5% à 10%, tout en facilitant la commercialisation. 


Les évolutions réglementaires à anticiper 

Le durcissement progressif des exigences 

Les normes vont continuer à se durcir. La RE2020 prévoit des seuils d'émissions de plus en plus contraignants jusqu'en 2031. Le Décret Tertiaire impose des objectifs par paliers successifs. L'expert doit intégrer ces évolutions futures dans son analyse, en évaluant la capacité du bien à s'adapter aux exigences de demain. 


L'émergence de nouvelles certifications 

Le marché voit régulièrement apparaître de nouvelles certifications environnementales, plus exigeantes ou ciblées sur des enjeux spécifiques (économie circulaire, biodiversité, bien-être). L'expert doit se tenir informé et évaluer leur pertinence par le marché local. 


Conclusion : l'expertise environnementale, un enjeu majeur 

L'intégration des normes environnementales dans l'expertise immobilière n'est plus une option mais une nécessité. Pour les locaux professionnels sur l'arc alpin, la performance énergétique et environnementale est devenue un critère de valorisation aussi déterminant que la localisation ou la qualité architecturale. Les écarts de valeur entre bâtiments performants et obsolètes s'accentuent, rendant indispensable une analyse fine et documentée. 


L'expert immobilier doit maîtriser les réglementations (RE2020, Décret Tertiaire), comprendre les labels environnementaux (HQE, BREEAM), analyser les performances énergétiques réelles, évaluer les coûts de mise à niveau, et quantifier objectivement l'impact sur la valeur. Cette expertise nécessite des compétences techniques spécifiques, une veille réglementaire permanente et une connaissance approfondie du marché local. 


Valeurs & Expertises accompagne les propriétaires, investisseurs et entreprises dans l'évaluation de leurs bureaux, locaux d'activités et locaux commerciaux en intégrant systématiquement les critères environnementaux. Notre maîtrise des normes RE2020, HQE et BREEAM, combinée à notre connaissance de l'arc alpin et de ses spécificités climatiques, nous permet de délivrer des expertises complètes et conformes aux attentes actuelles du marché. Que vous envisagiez une acquisition, une cession, un financement ou une optimisation patrimoniale, nos équipes vous apportent l'expertise environnementale nécessaire pour maximiser la valeur de vos actifs immobiliers professionnels. 

 

 
 
 

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